Des TPE mieux équipées, mais prudentes face à l'IA, la cybersécurité et la facturation électronique

6ème Baromètre Mastercard x IFOP de “La digitalisation des indépendants et des TPE”


Mastercard dévoile la 6ème édition de son baromètre sur “La digitalisation des indépendants et des TPE” avec l’Ifop. En 2026, 97% des TPE françaises disposent d’au moins un outil digital : jamais elles n’ont été aussi bien équipées. Pourtant, la transformation des usages reste encore partielle : seulement 47 % utilisent déjà la facturation électronique au quotidien et 58 % des dirigeants n'ont aucun projet IA. Nombreuses sont les TPE à avancer avec prudence face à des technologies et obligations perçues comme complexes, coûteuses ou risquées. Plus qu’un enjeu d’équipement, le véritable défi consiste désormais à intégrer durablement ces outils dans les pratiques quotidiennes afin d’accélérer la transformation des TPE.

Facturation électronique : une prise de conscience réelle, mais des coûts qui ralentissent le passage à l’acte
Alors que la facturation électronique deviendra obligatoire à partir de septembre 2027, les dirigeants de TPE se montrent globalement confiants quant à leur capacité à se mettre en conformité. En effet, 84 % estiment pouvoir se mettre en conformité dans les délais et 83 % indiquent avoir déjà identifié une solution adaptée.

En revanche, la concrétisation opérationnelle reste partielle : si 62% affirment avoir commencé à faire évoluer leurs processus de facturation, seulement 47% utilisent déjà la facturation électronique au quotidien. Le principal frein reste économique. Pour 73 % des dirigeants, la facturation électronique représente un coût supplémentaire.

La complexité perçue freine également, 64% la considèrent comme une contrainte opérationnelle supplémentaire. Une perception négative particulièrement prononcée en province (65%) contre 56% en Ile de France, et dans les très petites structures (69% des TPE de 1 à 2 salariés). Seulement 36% y voient une mesure de simplification. Pourtant, 80 % des TPE interrogées saluent l’amélioration de la traçabilité des factures et plus d’une sur deux y voient un levier de simplification administrative (56%).

Intelligence artificielle : un enthousiasme freiné par la complexité
L’intelligence artificielle poursuit sa progression rapide au sein des TPE françaises. En 2026, 42 % des dirigeants déclarent avoir déjà mis en place des solutions d’IA ou envisagent de le faire, contre 35 % en 2025 et 26 % en 2024. Une dynamique qui s’observe également à l’échelle nationale. Près d’un Français sur deux utilise aujourd’hui l’IA générative au quotidien*, plaçant la France parmi les pays les plus utilisateurs au monde.

La région Auvergne-Rhône-Alpes arrive en tête pour le déploiement de solutions d'intelligence artificielle, avec 54% des toutes petites entreprises qui ont déjà franchi le pas. À l'inverse, les régions Grand Est et Pays de la Loire affichent les taux d'adoption les plus faibles, avec respectivement 29 % et 31 % des toutes petites entreprises ayant mis en place une solution IA.

Cette progression s’accompagne d’une montée des inquiétudes. Parmi les dirigeants qui refusent encore d’intégrer l’IA, la sécurité des données a doublé en deux ans, passant de 10 % en 2024 à 20 % en 2026. Les craintes liées à la cybersécurité suivent la même tendance. Plus de 3 quarts des dirigeants (77 %) estiment que l’IA va favoriser une augmentation des cyberattaques, contre 66 % en 2025. Cette défiance freine les projets. 58 % des dirigeants n’ont aucun projet IA, principalement en raison d’une complexité jugée trop importante (52%, + 7 points).

53 % considèrent que l’IA est réellement adaptée aux TPE, malgré une perception des bénéfices en progression : gains de productivité (61%), l’accès à de nouvelles compétences (48%) ou encore le potentiel d’innovation (44%).

Cybersécurité : des TPE mieux sensibilisées mais toujours exposées aux risques
En 2026, 11 % des dirigeants de TPE déclarent avoir déjà subi une cyberattaque, contre 14% en 2025. Une baisse relative, qui ne doit pas faire baisser la garde. Les TPE de taille intermédiaire (3 à 5 salariés : 14%) et les plus grandes (6 à 9 salariés : 15%) restent les plus exposées, de même que celles ayant déjà subi une attaque, dont 35% ont été à nouveau touchées.

L'Île-de-France et la Provence-Alpes-Côte d'Azur sont les régions les plus touchées par les cyberattaques. En effet, 14% des dirigeants de TPE interrogés dans ces deux régions déclarent avoir été victimes d’une cyberattaque en 2025 ou depuis le début de l’année 2026.

Dans le même temps, les efforts de prévention ralentissent. La part des TPE ayant mis en place des mesures de protection ou envisageant de le faire recule à 58 %, contre 61 % en 2025. Pour autant, certaines bonnes pratiques sont tout de même désormais largement installées : 96 % des TPE utilisent un antivirus, 95 % effectuent des sauvegardes régulières et 95 % réalisent des mises à jour fréquentes de leurs logiciels. Cette cyber hygiène de base semble aujourd’hui acquise.

L’idée selon laquelle les petites structures seraient moins exposées aux cyberattaques est encore répandue. Parmi les dirigeants qui ne prévoient pas de renforcer leur protection, 26 % considèrent que cela n’est tout simplement pas nécessaire.

Des TPE mieux équipées, à la recherche de simplicité et de performance
Le baromètre confirme que les TPE françaises sont de mieux en mieux équipées en outils digitaux financiers. 97 % des TPE utilisent au moins un outil digital, contre 93 % en 2025, et 75 % s’appuient au moins sur trois outils numériques différents. Pour autant, le tableur Excel reste toutefois l’outil central de gestion pour 76 % des entreprises, loin devant les logiciels de comptabilité (54 %) ou les logiciels de facturation (52 %). Les usages plus avancés peinent en revanche à se généraliser. Elles ne sont que 35 % à utiliser un CRM, 27 % un logiciel de prise de rendez-vous et 26 % une plateforme d’e-commerce.

35 % des dirigeants déclarent utiliser un outil centralisant la gestion de leurs différents logiciels, soit une hausse de 8 points en un an. Une tendance encourageante, même si près d'un dirigeant sur cinq (18 %) estime encore difficile de s'y retrouver face à la multiplication des outils numériques.

Barbara Sessa, Directrice Générale de Mastercard France, commente : « Ce que ce baromètre révèle, édition après édition, c'est un écart persistant entre l'équipement et l'usage. Les dirigeants de TPE ne manquent pas de volonté, ils manquent d'outils réellement adaptés à leurs contraintes quotidiennes. Ce que nous disent les dirigeants de TPE, c'est qu'ils veulent des outils simples, interopérables et adaptés à leurs réalités humaines et économiques. C'est précisément ce défi que nous nous attachons à relever à leurs côtés et avec nos partenaires. L’accès aux services numériques et financiers libère l’innovation, l’entrepreneuriat et la résilience économique de nos toutes petites entreprises, clés d’une société française forte et prospère. »

*Méthodologie de l’étude IFOP
L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 630 dirigeants de TPE employant entre 1 et 9 salariés. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas sur les critères de taille d’entreprise, de secteur d’activité et de région d’implantation de l’entreprise. Les interviews ont été réalisées par téléphone du 14 avril au 30 avril 2026. Pour recevoir l’étude complète, merci de s’adresser au service presse de Mastercard, Agence Oxygen.



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Jeudi 11 Juin 2026

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