Tokenisation, stablecoins, euro numérique : les infrastructures de paiement sont en pleine recomposition. Pour les banques européennes, l'heure n'est plus à l'observation mais à un choix stratégique dont dépend leur positionnement dans l'écosystème financier de demain. Arnaud Bourdeille, Associé, responsable du secteur Banque et Guillaume Petipas, Associé, responsable Paiements & Cash Management chez KPMG en France, décryptent les enjeux.
L’essentiel
Le paiement a longtemps été le parent pauvre de la stratégie bancaire, un service dont les revenus s'érodaient lentement. Il est devenu en quelques années le terrain le plus disputé du secteur financier européen, tirant innovations et règlementations, ouvrant les vagues de révolutions. La blockchain redessine les infrastructures de règlement financier numérique, la réglementation structure le marché européen du paiement et ouvre la voie à de nouveaux acteurs, et la BCE elle-même s'apprête à émettre sa propre monnaie numérique. Pour les banques, l'heure est à l’action.
La promesse de l'atomicité
Pour comprendre l'ampleur du changement, il faut saisir ce que la blockchain apporte que les infrastructures traditionnelles ne peuvent pas offrir : l'atomicité, soit la capacité d'exécuter en une seule opération numérique le transfert de fonds ou de tout actif financier, les contrôles de conformité, la traçabilité et la programmabilité du paiement.
"C'est cette agrégation indissociable de services que ne permettent pas les infrastructures historiques, qui amène les acteurs traditionnels à réaliser des investissements significatifs pour migrer vers ces nouvelles technologies.", relève Guillaume Petipas.
Selon l'étude KPMG International « Partnering for payment modernization » publiée en février 2026, les banques ont consacré en moyenne 96,9 millions de dollars à la modernisation de leurs paiements l'année dernière, les grandes banques corporate dépassant 150 millions.
Les infrastructures actuelles, construites en couches successives depuis les années 1970, ne permettent pas ce niveau de services. Swift a amorcé une modernisation avec son initiative GPI (Global Payments Innovation) lancée en 2017, réduisant significativement les délais de paiements transfrontaliers. Mais c'est son partenariat annoncé fin 2024 avec Linea, une blockchain publique, qui marque un tournant : en misant sur la technologie de registres distribués (DLT), l'institution qui incarne la messagerie interbancaire mondiale reconnaît que cette technologie est désormais incontournable.
La programmabilité des paiements mérite une attention particulière. Elle permet d'associer automatiquement un virement à des conditions prédéfinies : libération de fonds à la livraison d'une marchandise, paiement fractionné déclenché par un événement contractuel, règlement instantané d'une facture couplé à une offre de financement. Pour les entreprises européennes, c'est une innovation majeure dans la gestion de trésorerie et des transactions numériques. Pour les banques, c'est une opportunité de recréer de la valeur là où le paiement classique s'érode.
La tokenisation, au-delà du paiement
Le mouvement de tokenisation dépasse le seul terrain des paiements. Il touche désormais l'asset management, le trading et plus largement l'ensemble des services financiers. Le projet Agorá, lancé en 2024 sous l'égide de la Banque des règlements internationaux (BRI) et impliquant sept banques centrales dont la Banque de France, vise précisément à expérimenter des paiements transfrontaliers sur des plateformes à registres distribués combinant monnaies de banques centrales et dépôts tokenisés de banques commerciales.
L'enjeu est de taille : lorsqu'une proportion significative d'actifs financiers sera détenue sous forme tokenisée par les particuliers et les entreprises, le besoin d'échanger ces actifs générera mécaniquement une demande de paiements compatibles. Les stablecoins, ces actifs numériques adossés à une monnaie comme l'euro ou le dollar, s'inscrivent dans cette logique de paiement 3.0. Leur objectif : permettre de régler des transactions en restant « on-chain », sans passer par les circuits bancaires traditionnels et donc sans être soumis à la fiscalité des plus-values.
En Europe, le règlement européen sur les cryptoactifs (MiCA), entré en vigueur en 2024, encadre désormais l'émission de stablecoins libellés en euros. Les premières initiatives de consortiums bancaires pour émettre des stablecoins euro commencent à émerger, même si l'écosystème reste embryonnaire comparé aux stablecoins dollar, massivement soutenus aux États-Unis.
L'euro numérique, un nouveau concurrent public
C'est dans ce contexte que le projet d'euro numérique de la BCE s'invite dans le débat et crée des remous inattendus. Présenté comme un outil de souveraineté monétaire européenne face à la domination du dollar et des réseaux de carte américains (Visa, Mastercard), l'euro numérique de détail est perçu par les grandes banques commerciales comme une menace directe sur leur fonds de commerce. Le mécanisme est simple : si chaque citoyen peut détenir entre 500 et 3 000 euros sur un compte d'euro numérique logé au bilan de la BCE, c'est autant de dépôts qui quittent les bilans bancaires. Or ces dépôts sont le carburant du crédit.
La BCE a affiché ses ambitions sans ambiguïté : après les phases d'étude, l'institution vise une première émission potentielle de l'euro numérique en 2029, sous réserve que le règlement européen qui l'encadre soit adopté courant 2026. Un calendrier qui accentue la pression sur les banques commerciales appelées à en distribuer les usages. « Le différend porte aussi sur les coûts : la BCE évalue le déploiement de l'infrastructure à environ 5 milliards d'euros, quand les banques européennes l'estiment plutôt entre 18 et 30 milliards », précise Guillaume Petipas. Ce gouffre d'estimation illustre la profondeur du désaccord. D'autant que les banques considèrent que l'euro numérique de détail ferait doublon avec des solutions qu'elles développent déjà, à commencer par Wero, solution européenne de paiement instantané numérique par téléphone mobile, portée par le consortium EPI (European Payments Initiative) et déployée en France, en Allemagne et en Belgique depuis 2024.
La concurrence entre Wero et l'euro numérique n'est pas anodine. « Le premier qui atteindra la masse critique aura l'usage client majoritaire et intégrera l'autre dans son bouquet de services en position de force. », analyse Guillaume Petipas. Un avantage au premier entrant qui donne au calendrier une dimension stratégique.
Les banques face au choix stratégiques
Face à ces bouleversements, les établissements bancaires se répartissent en deux camps. D’un côté, les attentistes qui préfèrent observer la dynamique de marché avant d'investir, quitte à racheter plus tard une fintech mieux valorisée. De l’autre, les pionniers avancent à travers des POC (proof of concept), des partenariats ou des prises de participation dans des sociétés technologiques.
Ce second groupe affronte un défi RH considérable : déployer une nouvelle technologie dans une banque suppose d'acculturer simultanément les équipes opérationnelles, compliance, finance et risques. « Une banque est un écosystème complexe, regroupant une grande diversité de métiers. Lancer un nouveau service implique que l’ensemble de la chaîne de valeur monte en compétence conjointement, des fonctions centrales jusqu’aux équipes au contact des clients », rappelle Guillaume Petipas.
Une autre menace pour les banques européennes est celle des fintechs qui, après avoir conquis une masse critique de clients et de consommateurs sur le marché européen, franchissent désormais le pas de la licence bancaire. Construites sur des systèmes d'information unifiés et sans legacy technologique, elles affichent des coûts d'exploitation structurellement inférieurs à ceux des banques historiques.
La souveraineté comme boussole
Au-delà des enjeux de marché, c'est une question de souveraineté européenne et de contrôle des données de paiement qui structure le débat. L'Europe a laissé se constituer, sur les paiements par carte, une dépendance aux infrastructures américaines qu'elle ne souhaite pas reproduire à l'ère du numérique. « Ce qui se joue aujourd'hui avec la tokenisation et l'euro numérique, c'est la capacité de l'Europe à peser sur les standards monétaires et technologiques de demain, plutôt que de les subir », souligne Arnaud Bourdeille. Wero, l'euro numérique, les expérimentations DLT des banques centrales : toutes ces initiatives convergent vers un même impératif, construire des infrastructures paneuropéennes capables de s'imposer face aux écosystèmes américains et asiatiques. « Les solutions nationales n'ont plus lieu d'être. L'ampleur des investissements requis et l'interconnexion des économies imposent de passer à l'échelle européenne », ajoute-t-il.
Au-delà de la technologie, c'est un rapport de force qui se joue. Entre les banques traditionnelles et les néo-entrants, entre les initiatives publiques et les acteurs privés, entre l'Europe et les écosystèmes américains : chaque choix d'infrastructure, chaque standard adopté, chaque masse critique constituée aujourd'hui déterminera qui dictera les règles du paiement demain. Pour les banques européennes, c'est peut-être le chantier stratégique le plus important de la décennie.
L’essentiel
Le paiement a longtemps été le parent pauvre de la stratégie bancaire, un service dont les revenus s'érodaient lentement. Il est devenu en quelques années le terrain le plus disputé du secteur financier européen, tirant innovations et règlementations, ouvrant les vagues de révolutions. La blockchain redessine les infrastructures de règlement financier numérique, la réglementation structure le marché européen du paiement et ouvre la voie à de nouveaux acteurs, et la BCE elle-même s'apprête à émettre sa propre monnaie numérique. Pour les banques, l'heure est à l’action.
La promesse de l'atomicité
Pour comprendre l'ampleur du changement, il faut saisir ce que la blockchain apporte que les infrastructures traditionnelles ne peuvent pas offrir : l'atomicité, soit la capacité d'exécuter en une seule opération numérique le transfert de fonds ou de tout actif financier, les contrôles de conformité, la traçabilité et la programmabilité du paiement.
"C'est cette agrégation indissociable de services que ne permettent pas les infrastructures historiques, qui amène les acteurs traditionnels à réaliser des investissements significatifs pour migrer vers ces nouvelles technologies.", relève Guillaume Petipas.
Selon l'étude KPMG International « Partnering for payment modernization » publiée en février 2026, les banques ont consacré en moyenne 96,9 millions de dollars à la modernisation de leurs paiements l'année dernière, les grandes banques corporate dépassant 150 millions.
Les infrastructures actuelles, construites en couches successives depuis les années 1970, ne permettent pas ce niveau de services. Swift a amorcé une modernisation avec son initiative GPI (Global Payments Innovation) lancée en 2017, réduisant significativement les délais de paiements transfrontaliers. Mais c'est son partenariat annoncé fin 2024 avec Linea, une blockchain publique, qui marque un tournant : en misant sur la technologie de registres distribués (DLT), l'institution qui incarne la messagerie interbancaire mondiale reconnaît que cette technologie est désormais incontournable.
La programmabilité des paiements mérite une attention particulière. Elle permet d'associer automatiquement un virement à des conditions prédéfinies : libération de fonds à la livraison d'une marchandise, paiement fractionné déclenché par un événement contractuel, règlement instantané d'une facture couplé à une offre de financement. Pour les entreprises européennes, c'est une innovation majeure dans la gestion de trésorerie et des transactions numériques. Pour les banques, c'est une opportunité de recréer de la valeur là où le paiement classique s'érode.
La tokenisation, au-delà du paiement
Le mouvement de tokenisation dépasse le seul terrain des paiements. Il touche désormais l'asset management, le trading et plus largement l'ensemble des services financiers. Le projet Agorá, lancé en 2024 sous l'égide de la Banque des règlements internationaux (BRI) et impliquant sept banques centrales dont la Banque de France, vise précisément à expérimenter des paiements transfrontaliers sur des plateformes à registres distribués combinant monnaies de banques centrales et dépôts tokenisés de banques commerciales.
L'enjeu est de taille : lorsqu'une proportion significative d'actifs financiers sera détenue sous forme tokenisée par les particuliers et les entreprises, le besoin d'échanger ces actifs générera mécaniquement une demande de paiements compatibles. Les stablecoins, ces actifs numériques adossés à une monnaie comme l'euro ou le dollar, s'inscrivent dans cette logique de paiement 3.0. Leur objectif : permettre de régler des transactions en restant « on-chain », sans passer par les circuits bancaires traditionnels et donc sans être soumis à la fiscalité des plus-values.
En Europe, le règlement européen sur les cryptoactifs (MiCA), entré en vigueur en 2024, encadre désormais l'émission de stablecoins libellés en euros. Les premières initiatives de consortiums bancaires pour émettre des stablecoins euro commencent à émerger, même si l'écosystème reste embryonnaire comparé aux stablecoins dollar, massivement soutenus aux États-Unis.
L'euro numérique, un nouveau concurrent public
C'est dans ce contexte que le projet d'euro numérique de la BCE s'invite dans le débat et crée des remous inattendus. Présenté comme un outil de souveraineté monétaire européenne face à la domination du dollar et des réseaux de carte américains (Visa, Mastercard), l'euro numérique de détail est perçu par les grandes banques commerciales comme une menace directe sur leur fonds de commerce. Le mécanisme est simple : si chaque citoyen peut détenir entre 500 et 3 000 euros sur un compte d'euro numérique logé au bilan de la BCE, c'est autant de dépôts qui quittent les bilans bancaires. Or ces dépôts sont le carburant du crédit.
La BCE a affiché ses ambitions sans ambiguïté : après les phases d'étude, l'institution vise une première émission potentielle de l'euro numérique en 2029, sous réserve que le règlement européen qui l'encadre soit adopté courant 2026. Un calendrier qui accentue la pression sur les banques commerciales appelées à en distribuer les usages. « Le différend porte aussi sur les coûts : la BCE évalue le déploiement de l'infrastructure à environ 5 milliards d'euros, quand les banques européennes l'estiment plutôt entre 18 et 30 milliards », précise Guillaume Petipas. Ce gouffre d'estimation illustre la profondeur du désaccord. D'autant que les banques considèrent que l'euro numérique de détail ferait doublon avec des solutions qu'elles développent déjà, à commencer par Wero, solution européenne de paiement instantané numérique par téléphone mobile, portée par le consortium EPI (European Payments Initiative) et déployée en France, en Allemagne et en Belgique depuis 2024.
La concurrence entre Wero et l'euro numérique n'est pas anodine. « Le premier qui atteindra la masse critique aura l'usage client majoritaire et intégrera l'autre dans son bouquet de services en position de force. », analyse Guillaume Petipas. Un avantage au premier entrant qui donne au calendrier une dimension stratégique.
Les banques face au choix stratégiques
Face à ces bouleversements, les établissements bancaires se répartissent en deux camps. D’un côté, les attentistes qui préfèrent observer la dynamique de marché avant d'investir, quitte à racheter plus tard une fintech mieux valorisée. De l’autre, les pionniers avancent à travers des POC (proof of concept), des partenariats ou des prises de participation dans des sociétés technologiques.
Ce second groupe affronte un défi RH considérable : déployer une nouvelle technologie dans une banque suppose d'acculturer simultanément les équipes opérationnelles, compliance, finance et risques. « Une banque est un écosystème complexe, regroupant une grande diversité de métiers. Lancer un nouveau service implique que l’ensemble de la chaîne de valeur monte en compétence conjointement, des fonctions centrales jusqu’aux équipes au contact des clients », rappelle Guillaume Petipas.
Une autre menace pour les banques européennes est celle des fintechs qui, après avoir conquis une masse critique de clients et de consommateurs sur le marché européen, franchissent désormais le pas de la licence bancaire. Construites sur des systèmes d'information unifiés et sans legacy technologique, elles affichent des coûts d'exploitation structurellement inférieurs à ceux des banques historiques.
La souveraineté comme boussole
Au-delà des enjeux de marché, c'est une question de souveraineté européenne et de contrôle des données de paiement qui structure le débat. L'Europe a laissé se constituer, sur les paiements par carte, une dépendance aux infrastructures américaines qu'elle ne souhaite pas reproduire à l'ère du numérique. « Ce qui se joue aujourd'hui avec la tokenisation et l'euro numérique, c'est la capacité de l'Europe à peser sur les standards monétaires et technologiques de demain, plutôt que de les subir », souligne Arnaud Bourdeille. Wero, l'euro numérique, les expérimentations DLT des banques centrales : toutes ces initiatives convergent vers un même impératif, construire des infrastructures paneuropéennes capables de s'imposer face aux écosystèmes américains et asiatiques. « Les solutions nationales n'ont plus lieu d'être. L'ampleur des investissements requis et l'interconnexion des économies imposent de passer à l'échelle européenne », ajoute-t-il.
Au-delà de la technologie, c'est un rapport de force qui se joue. Entre les banques traditionnelles et les néo-entrants, entre les initiatives publiques et les acteurs privés, entre l'Europe et les écosystèmes américains : chaque choix d'infrastructure, chaque standard adopté, chaque masse critique constituée aujourd'hui déterminera qui dictera les règles du paiement demain. Pour les banques européennes, c'est peut-être le chantier stratégique le plus important de la décennie.
A propos de KPMG en France
KPMG, acteur majeur de l’Audit, du Conseil et du Droit et Fiscalité, réunit en France 7 200 professionnels au service des grands comptes et ETI en France sur tout le territoire et les pays d’Afrique francophone. KPMG, partenaire de confiance et de compétitivité, sécurise leur information financière et non financière, les accompagne dans leurs transactions, soutient leurs transformations, technologiques, opérationnelles et environnementales. Grâce à son modèle multidisciplinaire, KPMG combine des expertises sectorielles et s’appuie sur ses Centres d’Excellence Tech et ESG en France pour soutenir les projets de croissance durable de tous les acteurs économiques. KPMG offre à ses clients la force d’un réseau mondial présent dans 142 pays et se singularise par sa proximité territoriale en France. Depuis 2022, KPMG est une entreprise à mission, avec pour raison d’être d’oeuvrer et d’innover avec passion au coeur de l’économie, des territoires et de la société, pour bâtir la confiance, allier performance et responsabilité, faire grandir les talents. Présidé par Marie Guillemot, le Directoire de KPMG en France est composé de Damien Allo, Mustapha Oussedrat, Pierre Planchon et Axel Rebaudières.
KPMG, acteur majeur de l’Audit, du Conseil et du Droit et Fiscalité, réunit en France 7 200 professionnels au service des grands comptes et ETI en France sur tout le territoire et les pays d’Afrique francophone. KPMG, partenaire de confiance et de compétitivité, sécurise leur information financière et non financière, les accompagne dans leurs transactions, soutient leurs transformations, technologiques, opérationnelles et environnementales. Grâce à son modèle multidisciplinaire, KPMG combine des expertises sectorielles et s’appuie sur ses Centres d’Excellence Tech et ESG en France pour soutenir les projets de croissance durable de tous les acteurs économiques. KPMG offre à ses clients la force d’un réseau mondial présent dans 142 pays et se singularise par sa proximité territoriale en France. Depuis 2022, KPMG est une entreprise à mission, avec pour raison d’être d’oeuvrer et d’innover avec passion au coeur de l’économie, des territoires et de la société, pour bâtir la confiance, allier performance et responsabilité, faire grandir les talents. Présidé par Marie Guillemot, le Directoire de KPMG en France est composé de Damien Allo, Mustapha Oussedrat, Pierre Planchon et Axel Rebaudières.