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La startup Morning fragilisée, l'innovation bancaire en sursis

Morning, startup de la FinTech, est aujourd'hui fragilisée. L'équipe décide de prendre en main son destin et la parole pour sensibiliser sur les relations startups/grands groupes. Avec la néobanque indépendante, un "New Deal Bancaire" est encore possible...


La startup de la FinTech Morning a réussi l'impensable dans un domaine d'activité que tout le monde pensait jusqu'alors inaccessible : la banque.

Morning ou la promesse d’un New Deal Bancaire

En moins de deux ans, l’équipe de Morning a :
• obtenu l’agrément « Établissement de paiement » délivré par l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution),
• obtenu une licence d'émetteur membre principal Mastercard, • développé une marque forte et identitaire,
• construit un Campus dans un territoire rural que l'on vient découvrir de toute la France,
• obtenu le prix BestWork Place 2016, la 1ère entreprise, de moins de 50 salariés, où il fait bon travailler en France,
• développé une néobanque totalement indépendante,
• développé une plate-forme bancaire que de grands groupes industriels, notamment dans le secteur bancaire souhaitent utiliser pour construire une nouvelle offre de comptes et de cartes de paiement,
• réveillé la banque.

Comme les télécoms il y a quelques années ou encore la mobilité ou l’hébergement dernièrement, il apparait aujourd’hui nécessaire de rebattre les cartes du secteur bancaire en y introduisant de nouveaux acteurs indépendants. L’émergence des FinTechs et des néobanques semblait promettre une mise en concurrence mais force est de constater que cette coopétition tourne à l’avantage des banques historiques. Rachat, inclusion technologique… ces nouveaux acteurs sont finalement absorbés par les acteurs en place. Alors certes, les FinTechs ont poussé l’industrie bancaire à se questionner, mais sur le fond rien n’a changé. Seule une nouvelle donne peut amener le secteur bancaire à se réformer en profondeur. Les néobanques indépendantes vont en ce sens.

Un développement rapide qui dérange

Pionnière du cobanking (paiement peer-to-peer), Morning a évolué vers la néobanque en janvier 2016. Les principaux actionnaires de Morning ont suivi le mouvement. Et comme chez Morning nous ne sommes pas du genre à nous endormir, nous nous sommes tout de suite mis au travail pour mener cet ambitieux projet qui prévoyait :
• un changement de marque pour affirmer notre nouvelle position de néobanque du quotidien, d'acteur indépendant et impertinent,
• une évolution réglementaire d'extension de son agrément (demande initiale déposée en mars 2016),
• une refonte complète du système informatique (full micro-services) pour intégrer les opérations de comptes et l'implémentation de cartes de paiement,
• une levée de fonds pour assumer les coûts de développement et répondre aux exigences de fonds propres de l'ACPR.

Mis à part le dernier point, nous avons mené et réussi ces développements avec le soutien, la confiance et l'accompagnement d'un certain nombre de partenaires comme Mastercard sur l'émission de cartes de paiement. Aujourd’hui, alors que nous sommes prêts à exécuter le modèle, notre investisseur principal, la MAIF, nous annonce qu’il conditionne son action d’accompagnement du projet à l’entrée d’un nouvel investisseur. Dans un délai aussi court, la MAIF nous oriente clairement vers l’introduction d’une banque historique au capital. Ce qui reviendrait à tuer le projet d’indépendance de Morning, à tuer l’innovation au profit unique d’un acteur dont les intérêts sont ailleurs.

Nous pouvons comprendre la logique d’un grand groupe comme la MAIF qui serait rassuré par l’arrivée d’une banque au capital de Morning. Cependant, cette demande semble illogique et contre toute innovation. Pourquoi faire plus confiance à un acteur bancaire qui est dans l’incapacité à réaliser ce que nous avons produit et qui nous demande de lui fournir des comptes et des cartes ? Parce que Morning, en plus d’avoir développé la néobanque française indépendante, a désormais la possibilité de devenir un acteur majeur de l’« open banking » en Europe, avec plusieurs approches concrètes quant à la livraison d’une plate-forme bancaire en marque blanche. Des sollicitations qui pourrait amener l’entreprise à l’équilibre financier bien avant l’échéance prévue de 2019…

Seulement, l’attitude de ces Corporates Ventures (grands groupes prenant part au capital de startups) limite les chances de voir émerger un « Digital Champion » dans cette industrie (comme dans d’autres).

Aujourd’hui, la startup est bloquée dans une situation irrationnelle dans laquelle la MAIF ne souhaite ni sortir du capital, ni accompagner Morning jusqu’à l’introduction de nouveaux investisseurs. Cette position « attentiste » est en train de fragiliser Morning : un premier coup a été porté au projet avec la suspension de tous les services de paiement, jusqu’à nouvel ordre (décision ACPR). Nous tenons à rappeler qu’une somme a été nantie sur le compte de cantonnement (c’est-à-dire bloquée) afin de répondre aux obligations de garanties nécessaires pour le lancement des prochaines cartes de paiement Morning. Cette somme n’a pas été utilisée par Morning.

Un projet sociétal fort

En juin 2016, Morning a inauguré devant près de 500 personnes son Campus à Saint-Elix-Le-Château. L’occasion de dévoiler sa nouvelle identité. Une étape clé et, ô combien périlleuse, de monter ce projet ambitieux, de s’installer à la campagne et de changer d'identité. Force est de constater que l'implantation de Morning dans le Comminges, en pleine zone rurale, est un succès de redynamisation économique et territoriale. Aujourd'hui la moitié de l'équipe est installée sur le territoire avec même de nouvelles activités qui se sont créés autour de Morning. Labellisé « Best Workplace 2016 » et « Territoire innovant », le projet, dans sa globalité, est reconnu comme réellement disruptif.

Ce sont même des grands groupes qui viennent s'inspirer de l'innovation pragmatique prônée par Morning autour de ses valeurs de simplicité, d'authenticité et d'ambition. Des grands groupes qui viennent découvrir ses pratiques et une équipe soudée et talentueuse qui aime à se retrouver tous les matins pour construire cette néobanque. Nous n’avons pas peur d’afficher nos différences et nos ambitions. Et nous irons jusqu’au bout de notre démarche. Éric Charpentier, leader de Morning, a d’ores et déjà recueilli l’intérêt d’investisseurs potentiels et est prêt à entendre d’autres acteurs qui se positionne dans la logique d’indépendance du projet.

Téléchargez le communiqué original :


Lundi 12 Décembre 2016



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