Trois experts du groupe BPCE, à savoir José Bardaji, directeur Études et Prospective, Eric Buffandeau, directeur adjoint Études et Prospective et Marion Stephan, responsable des études socio-économiques, se sont penchés sur deux thèmes d'actualité : Quels arbitrages en matière de placements financiers face aux chocs ? et ci-dessous, Quelle place des crypto-actifs dans l’épargne des Français ?
1. Qu’est-ce qu’un crypto-actif ?
Il s’agit d’une représentation numérique d’une valeur ou d’un droit, qui peut être transférée et stockée de manière électronique, au moyen de technologies de registres distribués (DLT selon l’acronyme anglais) ou d’une technologie similaire. Deux générations sont distinguées : la 1ère sans passif correspondant, par exemple les Bitcoins, correspondent à des actifs non financiers ; la 2e, avec passif correspondant et qualifiée de stablecoins, correspondent à des actifs financiers.
2. Que représentent les crypto-actifs dans le Monde ?
À date, la capitalisation des crypto- actifs s’élève à près de 2 750 Md$. 90 % correspondent à la 1ère génération et 10 % à la 2e. Le Bitcoin est de loin le principal crypto-actif (60,3 % de la capitalisation totale) devant l’Ethereum (10,7 %) et Tether (6,7 %), BNB (3,5 %), XRP (3,0 %) et USDC (2,6 %).
3. Quelles sources sont disponibles en Europe et en France ?
Au nombre de 4, elles proviennent de l’AMF, de la BCE, de l’Adan et de BPCE L’Observatoire. Elles sont proches dans la mesure où elles proviennent toutes quatre d’enquêtes online auprès d’échantillons représentatifs de la population française et européenne.
4. Comment se situe la détention de crypto-actifs au sein de la zone euro ?
Légèrement en retrait, avec un taux de détention de 7,3 % d’après le Consumer Expectations Survey de la BCE contre 10,6 % pour la zone euro et pour un montant moyen par détenteur de 9 000 € contre 9 200 € pour la zone euro. Le taux de détention le plus faible se trouve en Italie (6,6 %) et le plus élevé au Portugal (18,3 %). Le montant moyen le plus faible est de 2 400 € au Portugal et le plus élevé de 13 200 € en Allemagne.
5. Quelles sont les perspectives d’évolution de la détention de crypto-actifs ?
Haussière. Dans la quasi-intégralité des pays de la zone euro, les perspectives d’achat concernent davantage de personnes que les détenteurs actuels de crypto-actifs. La hausse du taux de détention étant faible d’année en année, cette caractéristique déjà observée par le passé ne laisse place à l’acte que dans une faible proportion. Toutefois, certains pays sont plus attirés par les crypto-actifs, tels le Portugal et les Pays-Bas.
6. Que disent les différentes sources de données sur le taux de détention de crypto-actifs en France ?
Elles renvoient une photographie différente, avec un taux minimum de 5,4 % pour BPCE L’Observatoire et maximum de 11,0 % pour l’Adan. Outre la précision des baromètres, en fonction notamment de la taille de l’échantillon, ces différences peuvent provenir d’une sous-déclaration ou d’un effet conjoncturel quelques semaines après l’obligation pour les plateformes de disposer d’un agrément. En revanche, toutes les études s’accordent pour signaler une hausse du taux de détention au fil des ans.
7. Qui détient des crypto-actifs ?
Le taux de détention de crypto-actifs est supérieur pour les hommes, les jeunes, les hauts revenus, davantage en France qu’en zone euro.
8. Et pour quel montant ?
Outre la moyenne indiquée supra, 48 % des Français détiennent moins de 1 000 € (52 % en zone euro) et seulement 4,0 % détiennent pour un montant de 50 000 € et plus (4,6 % en zone euro).
1. L’image des crypto-actifs
L'image d'un secteur "non réglementé" recule nettement (31 %, soit −11 points par rapport à 2023), traduisant une perception plus mature de cette classe d'actifs. Des différences existent selon le profil des individus : les détenteurs actuels de crypto-actifs mettent avant tout en avant les perspectives de rendement (54 %).
2. Les motivations et les freins à investir dans les crypto-actifs
La diversification de l’épargne (41 %) constitue de loin la première motivation. Viennent ensuite les rendements plus élevés (34 %) et un retour rapide sur investissement (27 %). Les détenteurs actuels ( vs futurs) mettent encore plus en avant la diversification de l’épargne (52 %) alors que les détenteurs futurs qui sont davantage séduits par l’optimisation fiscale (27 %), la préservation de leur vie privée (21%).
Le 3 principaux freins à la détention de crypto-actifs sont un manque de confiance (55 %), suivi d’une méconnaissance (40 %) et d’une volatilité trop élevée (22 %). La volatilité freine en particulier les détenteurs passés (34 %) alors que les réfractaires ont encore moins confiance (57 %) et sont marqués par une méconnaissance plus prégnante (41 %).
3. Les crypto-actifs dans le patrimoine financier des Français
Les détenteurs de crypto-actifs possèdent un portefeuille d’actifs financiers particulièrement complet et diversifié. Par rapport à l’ensemble des Français, ils se distinguent par un taux de détention nettement plus élevé en actions et obligations (47 % vs 17 %), en assurance vie en UC (32 % vs 15 %), en placements atypiques (25 % vs 3 %) et en épargne salariale ou PER (41 % vs 22 %).
La proportion d’investisseurs en crypto-actifs actuels ou futurs tend à augmenter (16 %, +2 pp vs nov. 2024). D’une certaine manière, les crypto-actifs se rapprochent de l’or qui dispose d’un réservoir important d’investisseurs et continue de séduire (28 % d’investisseurs actuels ou potentiels, soit +6 pp vs nov. 2024).
4. Les crypto-actifs dans le détail
La détention est plutôt récente, inférieure à deux ans dans 59 % des cas. Elle est dominée par les leaders du marché : Bitcoin (68 %) et Ethereum (36 %). Le niveau de performance et de risque ainsi que la liquidité disponible constituent le TOP 3 des critères de choix.
Pour la gestion de ces actifs, la banque bénéficie d’un fort capital confiance : 36 % des Français font plus confiance à une plateforme bancaire. La disponibilité de l’argent (47 %), le niveau de conformité de la plateforme (45 %), la confiance générale dans l’acteur (43 %) ainsi que le niveau des frais (42 %) constituent les 4 marqueurs forts du choix de la plateforme.
Actuellement, 89 % des transactions passent par des plateformes spécialisées et les banques sont impliquées dans 31 % des parcours d'investissement. Les deux-tiers des détenteurs ont réalisé une opération d’achat ou de vente au cours des 12 derniers mois et près de 7 détenteurs sur 10 réalisent moins d’une opération par mois.
5. Connaissance du règlement MiCA et de l’Euro numérique
55 % des détenteurs de crypto-actifs connaissent l’existence du règlement européen MiCA. C’est moins le cas pour les futurs détenteurs, avec seulement 28 % qui le connaissent. Parmi les détenteurs, 17 % ont rencontré des difficultés pour récupérer leur investissement dans les crypto-actifs.
30 % des Français ont entendu parler de l’Euro numérique, en particulier les détenteurs de crypto-actifs (69 %), les anciens détenteurs (52 %) ou ceux qui comptent en détenir dans les 12 prochains mois (40 %). Les avis sont mitigés sur le principe de sa création puisque 40 % des Français s’exprimant sur le sujet, trouvent que c’est une bonne chose, avec une adhésion plus forte chez les détenteurs passés, actuels ou futurs (58 %, 66 % et 52 % respectivement).
Les crypto-actifs dans le Monde : un état des lieux
1. Qu’est-ce qu’un crypto-actif ?
Il s’agit d’une représentation numérique d’une valeur ou d’un droit, qui peut être transférée et stockée de manière électronique, au moyen de technologies de registres distribués (DLT selon l’acronyme anglais) ou d’une technologie similaire. Deux générations sont distinguées : la 1ère sans passif correspondant, par exemple les Bitcoins, correspondent à des actifs non financiers ; la 2e, avec passif correspondant et qualifiée de stablecoins, correspondent à des actifs financiers.
2. Que représentent les crypto-actifs dans le Monde ?
À date, la capitalisation des crypto- actifs s’élève à près de 2 750 Md$. 90 % correspondent à la 1ère génération et 10 % à la 2e. Le Bitcoin est de loin le principal crypto-actif (60,3 % de la capitalisation totale) devant l’Ethereum (10,7 %) et Tether (6,7 %), BNB (3,5 %), XRP (3,0 %) et USDC (2,6 %).
3. Quelles sources sont disponibles en Europe et en France ?
Au nombre de 4, elles proviennent de l’AMF, de la BCE, de l’Adan et de BPCE L’Observatoire. Elles sont proches dans la mesure où elles proviennent toutes quatre d’enquêtes online auprès d’échantillons représentatifs de la population française et européenne.
4. Comment se situe la détention de crypto-actifs au sein de la zone euro ?
Légèrement en retrait, avec un taux de détention de 7,3 % d’après le Consumer Expectations Survey de la BCE contre 10,6 % pour la zone euro et pour un montant moyen par détenteur de 9 000 € contre 9 200 € pour la zone euro. Le taux de détention le plus faible se trouve en Italie (6,6 %) et le plus élevé au Portugal (18,3 %). Le montant moyen le plus faible est de 2 400 € au Portugal et le plus élevé de 13 200 € en Allemagne.
5. Quelles sont les perspectives d’évolution de la détention de crypto-actifs ?
Haussière. Dans la quasi-intégralité des pays de la zone euro, les perspectives d’achat concernent davantage de personnes que les détenteurs actuels de crypto-actifs. La hausse du taux de détention étant faible d’année en année, cette caractéristique déjà observée par le passé ne laisse place à l’acte que dans une faible proportion. Toutefois, certains pays sont plus attirés par les crypto-actifs, tels le Portugal et les Pays-Bas.
6. Que disent les différentes sources de données sur le taux de détention de crypto-actifs en France ?
Elles renvoient une photographie différente, avec un taux minimum de 5,4 % pour BPCE L’Observatoire et maximum de 11,0 % pour l’Adan. Outre la précision des baromètres, en fonction notamment de la taille de l’échantillon, ces différences peuvent provenir d’une sous-déclaration ou d’un effet conjoncturel quelques semaines après l’obligation pour les plateformes de disposer d’un agrément. En revanche, toutes les études s’accordent pour signaler une hausse du taux de détention au fil des ans.
7. Qui détient des crypto-actifs ?
Le taux de détention de crypto-actifs est supérieur pour les hommes, les jeunes, les hauts revenus, davantage en France qu’en zone euro.
8. Et pour quel montant ?
Outre la moyenne indiquée supra, 48 % des Français détiennent moins de 1 000 € (52 % en zone euro) et seulement 4,0 % détiennent pour un montant de 50 000 € et plus (4,6 % en zone euro).
L’appétence des Français aux crypto-actifs
1. L’image des crypto-actifs
L'image d'un secteur "non réglementé" recule nettement (31 %, soit −11 points par rapport à 2023), traduisant une perception plus mature de cette classe d'actifs. Des différences existent selon le profil des individus : les détenteurs actuels de crypto-actifs mettent avant tout en avant les perspectives de rendement (54 %).
2. Les motivations et les freins à investir dans les crypto-actifs
La diversification de l’épargne (41 %) constitue de loin la première motivation. Viennent ensuite les rendements plus élevés (34 %) et un retour rapide sur investissement (27 %). Les détenteurs actuels ( vs futurs) mettent encore plus en avant la diversification de l’épargne (52 %) alors que les détenteurs futurs qui sont davantage séduits par l’optimisation fiscale (27 %), la préservation de leur vie privée (21%).
Le 3 principaux freins à la détention de crypto-actifs sont un manque de confiance (55 %), suivi d’une méconnaissance (40 %) et d’une volatilité trop élevée (22 %). La volatilité freine en particulier les détenteurs passés (34 %) alors que les réfractaires ont encore moins confiance (57 %) et sont marqués par une méconnaissance plus prégnante (41 %).
3. Les crypto-actifs dans le patrimoine financier des Français
Les détenteurs de crypto-actifs possèdent un portefeuille d’actifs financiers particulièrement complet et diversifié. Par rapport à l’ensemble des Français, ils se distinguent par un taux de détention nettement plus élevé en actions et obligations (47 % vs 17 %), en assurance vie en UC (32 % vs 15 %), en placements atypiques (25 % vs 3 %) et en épargne salariale ou PER (41 % vs 22 %).
La proportion d’investisseurs en crypto-actifs actuels ou futurs tend à augmenter (16 %, +2 pp vs nov. 2024). D’une certaine manière, les crypto-actifs se rapprochent de l’or qui dispose d’un réservoir important d’investisseurs et continue de séduire (28 % d’investisseurs actuels ou potentiels, soit +6 pp vs nov. 2024).
4. Les crypto-actifs dans le détail
La détention est plutôt récente, inférieure à deux ans dans 59 % des cas. Elle est dominée par les leaders du marché : Bitcoin (68 %) et Ethereum (36 %). Le niveau de performance et de risque ainsi que la liquidité disponible constituent le TOP 3 des critères de choix.
Pour la gestion de ces actifs, la banque bénéficie d’un fort capital confiance : 36 % des Français font plus confiance à une plateforme bancaire. La disponibilité de l’argent (47 %), le niveau de conformité de la plateforme (45 %), la confiance générale dans l’acteur (43 %) ainsi que le niveau des frais (42 %) constituent les 4 marqueurs forts du choix de la plateforme.
Actuellement, 89 % des transactions passent par des plateformes spécialisées et les banques sont impliquées dans 31 % des parcours d'investissement. Les deux-tiers des détenteurs ont réalisé une opération d’achat ou de vente au cours des 12 derniers mois et près de 7 détenteurs sur 10 réalisent moins d’une opération par mois.
5. Connaissance du règlement MiCA et de l’Euro numérique
55 % des détenteurs de crypto-actifs connaissent l’existence du règlement européen MiCA. C’est moins le cas pour les futurs détenteurs, avec seulement 28 % qui le connaissent. Parmi les détenteurs, 17 % ont rencontré des difficultés pour récupérer leur investissement dans les crypto-actifs.
30 % des Français ont entendu parler de l’Euro numérique, en particulier les détenteurs de crypto-actifs (69 %), les anciens détenteurs (52 %) ou ceux qui comptent en détenir dans les 12 prochains mois (40 %). Les avis sont mitigés sur le principe de sa création puisque 40 % des Français s’exprimant sur le sujet, trouvent que c’est une bonne chose, avec une adhésion plus forte chez les détenteurs passés, actuels ou futurs (58 %, 66 % et 52 % respectivement).



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