JURIDIQUE & TECH : Un duo gagnant pour simplifier les transactions de financements


Vendredi soir, une juriste de Natixis s’apprête à partir en vacances. Elle travaille sur une transaction de financement bilatéral avec de nombreux acteurs : le juridique, le middle office mais également les chargés d’affaires. En un clic, elle assigne un collègue à son dossier grâce à une plateforme de gestion pour assurer le suivi du projet. Elle peut partir l’esprit tranquille, le bon déroulement des opérations sera établi par l’accès à un outil interne collaboratif… Ceci n’est pas une fiction, mais une réalité rendue possible par les legaltechs, ces technologies et outils digitaux au service du juridique. Comment, aujourd’hui, des synergies peuvent-elles être créées pour optimiser les transactions de financements ? Enquête auprès de Christian Le Hir, directeur juridique de Natixis, et de Nathaniel Merino, directeur général de la plateforme Closd.

Une volonté de base : toujours mieux servir les clients

Jusqu’à récemment, les juristes n’avaient à leur disposition que peu d’outils digitaux vraiment adaptés à leur métier. La donne a changé depuis quelques années avec l’apparition des legaltechs. Et les juristes, tout comme leurs interlocuteurs métiers, sont de plus en plus demandeurs de ce type de services juridiques dématérialisés. L’une des premières questions posées aux directions juridiques devient « Quels outils utilisez-vous ? », expose Nathaniel Merino. C’est une vraie (r)évolution : « Les juristes ont beaucoup d’outils à gérer en même temps. Une nouvelle solution doit donc répondre à un besoin réel et clairement identifié », déclare Christian Le Hir. Le constat est que les legaltechs ont une portée sans précédent. « C’est une vraie opportunité pour les juristes : celle de tester et d’intégrer des plateformes digitales en interne pour tendre à une satisfaction client optimale », précise-t-il.

L’équipe juridique de Natixis a choisi la plateforme Closd pour la gestion centralisée des transactions de financements bilatéraux. Un choix porteur de sens, où l’anticipation est de mise. En effet, un conseil juridique parfait ne suffit plus ; il s’agit d’apporter de l’efficacité dans le process et une réelle « expérience utilisateur » à ses clients. Ces derniers suivent grâce à Closd leurs opérations de bout en bout ; celles-ci sont simplifiées et sécurisées. À l’heure du télétravail et de la mobilité, ce type d’outil permet une qualité de travail constante pour l’ensemble des intervenants. Demain, il est probable que toutes les négociations contractuelles, du pré-closing au post-closing, pourront être réalisées à distance grâce aux legaltechs.

Lever les obstacles du juridique et embarquer l’interne

Cette vision futuriste n’est pas encore pleinement intégrée aujourd’hui. De nombreux progrès sont encore à réaliser avant d’y parvenir. Les seules nouvelles technologies ne suffisent pas pour progresser en ce sens. « C’est important de le souligner. Il faut distinguer les outils de process, qui offrent un gain immédiat et certaines nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle ou les legal data lake, qui auront un impact à plus long terme car elles ne sont pas encore assez matures », analyse Christian Le Hir. La volonté est d’abord de partir d’une vision purement axée sur les usages réels avant d’y intégrer de nouvelles technologies dans un second temps. Cette méthode prouve déjà son efficacité : les bénéfices qualifiés par l’usage de Closd en termes de « productivité, collaboration, sécurité et d’économie d’échelles » sont mis en avant par Christian et Nathaniel. Les équipes juridiques de Natixis utilisant la plateforme sont, quant à elles, unanimes sur le gain de temps considérable et la facilité d’usage. L’accès aux dernières versions des documents en ligne leur permet également d’améliorer le pilotage des projets et le travail entre les équipes. L’UX design concourt beaucoup à l’adoption de l’outil. L’enthousiasme des utilisateurs est intrinsèquement lié à la qualité et la simplicité de son interface. La demande en interne s’est accrue vis-à-vis de l’emploi de cette plateforme.

L’ambition d’une expérience sans couture pour l’avenir

La plateforme pourrait être déployée dans le futur auprès des équipes de Natixis en Asie et dans les différentes régions françaises où l’entreprise est présente. Au-delà, des acteurs externes pourraient tout autant en bénéficier : les clients pour mener une transaction financière complète à distance sans forcément être à leur bureau par exemple, ou bien les cabinets d’avocats pour la collecte de documents administratifs, qui est particulièrement chronophage. Intégrer toute la chaîne interne et externe serait une première étape avant d’étendre ce type de process à d’autres activités de financements et dans d’autres domaines. La génération automatique de contrats, l’intégration d’outils d’archivages et l’emploi de la signature électronique sont autant de fonctionnalités additionnelles qui permettraient une expérience sans couture. En cette période exceptionnelle de confinement liée au Covid-19, l’ensemble des activités juridiques est assuré à distance chez Natixis en France par exemple. La digitalisation du service juridique est déjà en très bonne voie. Les améliorations et les perspectives d’évolution sont donc multiples pour accélérer les processus opérationnels et ainsi optimiser la gestion des transactions de financements.

Notions clés

Legaltech
Ce terme angliciste, issu de l’union entre « Legal » et « Technology », désigne l’ensemble des technologies juridiques employées ou proposées par des start-ups ou des entreprises. Les technologies au service du droit permettent, en faisant usage de la technologie et de logiciels performants, d’offrir une automatisation du service juridique, que ce soit au niveau du support pour les documents, du processus pour les procédures, ou de la relation avec les clients et les professionnels du droit.

Data lake
Les data lakes – ou lac de données, représente une méthode de stockage d’une très large quantité de données provenant d’un grand nombre de sources utilisées par le big data (mégadonnées en français). Ces données natives sont généralement gardées dans leurs formats originaux ou sont très peu transformées pour une durée indéterminée. Cette méthode de stockage facilite ainsi la cohabitation entre différents schémas et forme structurelles de données pour une récupération rapide de fichiers.

UX design
L’UX design signifie user experience design en anglais. Cette méthode vise à faciliter et simplifier l’expérience utilisateur d’un produit ou d’un service notamment à travers la création d’interfaces ergonomiques et d’usages améliorés quel que soit le support (plateformes, site web, applications etc.).

Source : Natixis

Lundi 27 Avril 2020
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