Les cinq grandes tendances qui vont façonner la gestion d’actifs en 2020 et au-delà

Par Aldric Dupaïs, Directeur de l’activité Fund Services chez Linedata


Les cinq grandes tendances qui vont façonner la gestion d’actifs en 2020 et au-delà
Le secteur financier a connu de profondes mutations ces dernières années. Depuis les réglementations de plus en plus contraignantes, en passant par les coûts croissants ou encore l’évolution des comportements et des attentes des utilisateurs sous l’effet de l’innovation technologique, le mode de fonctionnement des entreprises a changé. La technologie s’est affirmée comme un levier essentiel de l’engagement et de l’acquisition des clients, mais aussi de l’efficacité opérationnelle ou encore du reporting réglementaire et fiscal. Selon les estimations des experts, la technologie représente plus de 15 % des investissements du secteur, les dépenses des grandes entreprises dans ce domaine dépassant largement celles des PME.

A l’orée de 2020, plusieurs tendances sont appelées à transformer les services financiers en général, et la gestion d’actifs en particulier, dans les années à venir. Voici celles que nous retenons :

Décollage du cloud public

Nous assistons à l’adoption du cloud dans toutes les branches de l’économie, et la gestion d’actifs n’y fait pas exception. Si ce secteur a été lent à se mettre au cloud, principalement en raison des contraintes réglementaires et des préoccupations touchant à la sécurité, cette technologie y est aujourd’hui bel et bien admise. La confiance qu’elle suscite va croissant à mesure que les opérateurs de cloud public démontrent une expertise bien supérieure en sécurité et une capacité à offrir des mesures de protection bien plus nombreuses que celles proposées par les PME spécialisées dans la gestion d’actifs. Aux côtés des gestionnaires d’actifs traditionnels, les hedge funds s’appuient sur le cloud pour croître et évoluer plus rapidement, réduire leurs coûts et optimiser la gestion du risque.

Mieux encore, tout indique que la migration vers le cloud public va s’accélérer. Alors que les opérateurs de cloud public gagnent en résilience, les principaux acteurs augmentent leurs investissements dans des applications « cloud natives » et mettent en œuvre des stratégies technologiques donnant la priorité au cloud public. Selon une étude, 34 % des professionnels de la gestion d’actifs jugent inéluctable le déploiement, à terme, de l’ensemble des technologies de gestion d’actifs dans le cloud public.

Transformation numérique grâce aux API

Les entreprises ont engagé leur transformation depuis plusieurs années afin d’accentuer l’automatisation et d’améliorer leur efficacité. Aujourd’hui, elles peuvent accélérer ce processus en intégrant les plateformes numériques par le biais d’interfaces de programmation d’application (API). Ces API sont un moyen de moderniser les technologies classiques au cœur de la gestion d’actifs, en évitant les coûts, les risques et les perturbations opérationnelles liées à la déconnexion et au recâblage de systèmes entiers. Au-delà de gains d’efficacité opérationnelle, cette approche fournit de nouveaux indicateurs pour orienter les choix d’investissements, transformer l’expérience client et dégager des revenus supplémentaires grâce à la création de nouveaux produits et services.

Investissements environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG)

Au niveau mondial, les investissements durables sur les cinq principaux marchés ont atteint 30 700 milliards de dollars au début de l’année 2018, soit une progression de 34 % en deux ans à peine, selon la Global Sustainable Investment Alliance. L’année 2019 a vu le lancement de centaines de fonds à orientation ESG, tournés vers les investissements dans des entreprises respectant certains critères dans le domaine de la responsabilité sociale. Sous l’impulsion de la génération Y et d’autres investisseurs mus par une conscience sociale forte, cette tendance a entraîné l’essor rapide des « obligations climat » (green bonds) et du marché de la finance durable.

S’il n’est pas encore possible de mesurer l’impact réel de ces investissements en raison de la diversité des définitions, des critères et des normes de reporting, il faut cependant s’attendre à davantage de transparence dans le reporting des fonds ESG au cours de l’année à venir, ce qui répond aux nouvelles exigences réglementaires et aux attentes des consommateurs.

Externalisation du front-office

L’externalisation n’est pas une nouveauté dans le secteur financier. Ces dernières années, elle s’est étendue du back-office au middle-office, souvent à des fins de rapprochement et de conformité. Nous observons également une externalisation croissante des fonctions de front-office, les gestionnaires d’actifs s’efforçant parallèlement de mieux maîtriser les coûts, de rationaliser les opérations et, potentiellement, de réduire les risques. Toutefois, sur ce dernier point des dispositifs de contrôle doivent encore être mis en place.

Par exemple, lorsqu’une entreprise décide d’externaliser sa salle de marchés pour le traitement de l’exécution des ordres, il convient de conserver des systèmes et des processus afin de superviser les prestataires de services de trading. Des précautions de ce type sont tout aussi importantes pour l’externalisation du front-office.

En définitive, les gestionnaires ne doivent pas oublier que, s’il est possible de déléguer des tâches, il n’est pas possible d’en externaliser la responsabilité.

Machine Learning dans le middle-office

Le Machine Learning, un sous-ensemble de l’intelligence artificielle, transforme l’engagement client des entreprises – du secteur de la distribution ou du divertissement à celui des services financiers – et leur permet de rationaliser leurs opérations. Dans le domaine de la gestion d’actifs, le Machine Learning est employé pour diverses applications, de la sélection des actions à l’analyse du risque ou à la génération alpha. Ce peut être un excellent outil mais qui nécessite de grandes quantités de données structurées de bonne qualité, et les entreprises doivent savoir quelles questions poser.

Nous enregistrons un intérêt croissant pour l’application du Machine Learning dans le middle-office, qu’il s’agisse d’atténuer le risque de règlement des opérations face à la volatilité des marchés ou d’améliorer le service client. Les véritables avantages du Machine Learning ne seront sans doute pas perceptibles avant plusieurs années, mais son adoption va se poursuivre à mesure que de nouvelles applications verront le jour.

A l’aube d’une nouvelle décennie, les nouvelles technologies telles que le cloud, l’intelligence artificielle ou l’analyse des données ont accéléré les changements dans la gestion d’actifs. De future technologies disruptives apparaitront, et avec elles de nouveaux défis émergeront. Les entreprises doivent poursuivre leurs efforts d’investissements afin de ne pas se laisser distancer. Le renchérissement des coûts, la pression des commissions, mais aussi le renforcement des réglementations et le rehaussement des attentes en matière de service client contraignent les gestionnaires d’actifs à rechercher des solutions à long terme allant au-delà des technologies classiques. La fiabilité et la confiance dans ces technologies disruptives de demain sont d’une importance critique, c’est pourquoi les entreprises doivent nouer des partenariats avec des prestataires qui les aident à faire des choix, parmi des innovations, des modèles de données ou de services, qui les mènent sur le chemin de la croissance, de l’efficacité opérationnelle et du service client hors pair capables de préserver leur compétitivité en 2020 et au-delà.
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le Mardi 28 Janvier 2020 à 16:43 | Lu 537 fois

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