Le crowdfunding, un mode de financement mirage ou révolutionnaire ?

par Numa Bourragué, directeur Associé de eCap Partner, banque d’affaires spécialiste du numérique


Le crowdfunding, ou financement participatif, est un des différents moyens de financer une start-up. Selon eCap Partner, qui a réalisé en février dernier le premier baromètre interactif des start-ups du numérique en France avec Cap Gemini, le crowdfunding se développe mais reste faible (6% des levées de 2015). Il apparaît également que ce mode de financement est utilisé principalement par les secteurs impliquant un impact local (loisirs et tourisme notamment).

Historiquement, le crowdfunding était dédié aux sociétés BtoC, sur des montants limités (<500k€), avec un acte d'investissement assimilable à de la pré-commande. Aujourd'hui la pratique devient moins marginale, sous l'effet de l'explosion du nombre d'acteurs, et de leur spécialisation : au niveau sectoriel avec Fosburit uniquement présent sur le sport, Miimosa sur l'agriculture, ou bien MyMajorCompany sur la musique ; et des modèles : crowdfunding en equity, crowdlending (prêt), funding "reward-based", etc.

Ce mode de financement issu d'un mythe collectif - un financement par tout un chacun des entreprises de tout un chacun - permet ainsi de compléter dans certains cas le trou de financement pour des montants de quelques centaines de K€ et / ou de faibles maturités, et surtout de valider un concept en amont de son développement.

Cependant, il n'est pas voué à remplacer les acteurs institutionnels, du fait notamment d'une capacité d'investissement et par essence d'un niveau de professionnalisation moindre. On évoque ainsi très souvent les succès stories liées au crowdfunding, mais il y a aussi des échecs. C’est pourquoi, il est important de partager avec les potentiels investisseurs des outils et des services pertinents afin d'évaluer la viabilité des projets qu'on leur présente.

Il faut toutefois noter que les troisièmes Assises de la finance participative, qui se dérouleront à Bercy le 29 mars prochain, pourraient préciser les modalités et ouvrir la pratique aux personnes morales. Les acteurs du secteur souhaitent notamment développer ce financement aux SARL, investisseurs institutionnels et autres personnes morales.

Numa Bourragué, directeur associé : Après une expérience chez Boomerang Pharmaceuticals Communication (webmarketing) à New-York City, Numa a travaillé à la direction des relations investisseurs de Lagardère SCA. Il est spécialisé en stratégie d’entreprise. EM Lyon. Tongji University.
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le Jeudi 10 Mars 2016 à 10:38 | Lu 369 fois

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