Banques et Fintech : et si l’avenir du financement des PME-ETI venait de leur collaboration ?

Par Cédric Teissier et Arthur de Catheu, cofondateurs de Finexkap


Que retiendra-t-on des années 2010 ? Certainement l’essor des Fintechs, qui ont révolutionné le secteur financier. En quelques années, ces startups ont apporté un nouveau regard sur les solutions de financement qui s’offraient aux PME et ETI. Loin de faire un pas de côté face à cette vague d’innovation, les banques leur tendent au contraire la main pour construire ensemble le système de financement de l’économie réelle de demain.

Il y a seulement 10 ans, l’accès au financement des entreprises passait toujours par trois canaux principaux : le crédit bancaire, les marchés financiers (marchés actions, marchés obligataires) et les levées de fonds (private equity, venture capital, etc). Or, à l’exception du crédit bancaire, ces méthodes de financement ne s’adressaient pas à tout le monde.

Pas simple de se financer quand on est une PME

Les fonds d’investissement ont toujours des critères d’éligibilité stricts et ne financent habituellement que des startups déjà relativement matures. Quant aux marchés financiers, leur accès est généralement réservé aux entreprises de grande taille, à quelques exceptions près.

Il n’est donc pas surprenant qu’en Europe, et particulièrement en France, les PME se soient toujours tournées majoritairement vers le crédit bancaire, la plupart d’entre elles n’ayant en réalité pas d’autre alternative. Question d’habitude et de réglementation également : aux Etats-Unis, les fonds d’investissement sont plus actifs que sur le Vieux Continent et les marchés obligataires sont plus ouverts aux petits emprunteurs « risqués ».

Le recours au crédit bancaire comporte toutefois un important défaut : en cas de crise financière, les banques refusent généralement aux entreprises les moins solides de nouvelles lignes de crédit, au risque de les mettre en difficulté et de précipiter leur fermeture. Une situation qui s’est concrétisée dans de nombreux pays européens entre 2008 et 2013 mais qui a épargné l’Hexagone, où les banques ont su prouver leur solidité face à la perspective d’un “credit crunch”.

Les Fintechs ont simplifié l’accès au financement

L’essor des Fintechs a permis de répondre à à la dépendance des PME au crédit bancaire en leur apportant des solutions de financement plus simples et plus flexibles. Le crowdfunding s’est aujourd’hui imposé comme un moyen populaire d’accès au financement pour les PME, TPE et micro-entrepreneurs. Rendu célèbre par le financement de projets culturels (jeux vidéo, courts-métrages, édition) avec des levées de fonds ouvertes à tous les particuliers, comme sur KissKissBankBank ou Kickstarter, le crowdfunding existe désormais dans tous les secteurs, y compris l’immobilier, et permet aux entrepreneurs de diversifier leurs sources de financement. L’affacturage s’est également considérablement démocratisé. Auparavant organisé par des filiales de banques et réservé aux entreprises de grande taille, cette méthode de financement est désormais accessible à tous, allant des grandes entreprises aux micro-entrepreneurs.

Bien d’autres services sont apportés aux PME par les Fintechs, allant du crédit sur-mesure basé sur le big data (Kabbage) aux paiements mobiles (Square), en passant par la réception des paiements pour les boutiques en ligne (Stripe, LemonWay). Autant de services qui permettent de simplifier la vie des PME sur le plan financier. Ainsi, selon un rapport du Conseil de stabilité financière paru fin 2019, le « financement Fintech » représenterait désormais 25% de l’ensemble des canaux de financement des entreprises aux Etats-Unis.

Des banques loin d’avoir dit leur dernier mot

Toujours est-il que les Fintech ont bien conscience qu’elles ne parviendront pas, à elles seules, à révolutionner le financement des PME-ETI et à éviter un prochain “credit crunch”. Soutenues par leur solidité et la puissance de leurs réseaux, les banques ont encore là tout un rôle à jouer. La clé ? Parvenir à allier leurs forces à l’agilité et la capacité d’innovation des startups.

C’est par exemple le choix qu’a fait ING en collaborant avec Budget Insight afin de lancer un produit de crédit instantané pour les PME, permettant de faire une offre de financement en seulement quelques minutes sur la base des données bancaires téléchargées. C’est également le choix qu’ont fait ING et Santander de recourir aux services de Kabbage pour financer la trésorerie des commerçants, ou encore celui de Barclays qui depuis quelques mois propose à ses clients le service d’affacturage digital de MarketFinance (anciennement, MarketInvoice).

Les banques ont depuis longtemps cessé de se croire dans une tour d’ivoire. L’heure est aujourd’hui à la collaboration renforcée et à la création d’écosystèmes intégrés incluant l’ensemble des acteurs. In fine, ce sera au profit d’une expérience client sans cesse améliorée et de solutions de financement toujours plus adaptées. Face aux prédictions d’une nouvelle crise à venir, une nouvelle donc rassurante pour les entreprises !

A propos de Finexkap

Fondé en 2012 par Cédric Teissier et Arthur de Catheu, le groupe Finexkap est composé de deux entités : Finexkap et Finexkap Asset Management. Finexkap est la première plateforme de financement de la trésorerie des entreprises (travailleurs indépendants, TPE et PME). Cette solution entièrement dématérialisée permet aux entreprises, quelle que soit leur taille, de céder leurs factures en attente de paiement en toute simplicité, sans engagement de durée, ni de volume. En pratique, le service est disponible 24h/24, 7j/7, et quelques clics suffisent pour déposer une facture.

le Jeudi 19 Décembre 2019 à 11:48 | Lu 838 fois

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