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L'attractivité de la France pour le développement du secteur FinTech

Exton Consulting a dévoilé lors de la 7e édition du Fin&Tech Community les premiers résultats d’une étude exclusive, menée en partenariat avec Finance Innovation sur l’état des lieux des FinTech/InsurTech en France et l’attractivité de l’Hexagone pour le développement de la filière.


Sophie ZELLMEYER, directrice innovation, au sein d’Exton Consulting, présente en exclusivité les résultats de l'étude réalisée avec le pôle
Sophie ZELLMEYER, directrice innovation, au sein d’Exton Consulting, présente en exclusivité les résultats de l'étude réalisée avec le pôle
Cette étude est l’aboutissement d’une enquête menée au printemps 2018 auprès de plus d’une centaine de jeunes pousses ; de visites d’accélérateurs à la rencontre de chargés d’incubation et dirigeants de FinTechs pour comprendre comment ils évaluaient l’écosystème dans lequel ils évoluaient ; et enfin d’échanges avec des personnalités clés de l’entreprenariat et l’industrie financière. Les enseignements complets de cette étude seront délivrés en septembre 2018.

Exton Consulting s’est fortement investi ces dernières années dans l’écosystème FinTech et entrepreneurial au travers de missions de transformation digitale pour ses clients banques et assureurs et son programme d’accélération FinTech en partenariat avec le Swave, la plateforme d’open-innovation à la Défense, inaugurée en février 2018 par les ministres M. Bruno Le Maire et M. Mounir Mahjoubi.

Partenaire et membre actif des comités de labélisation Banque et Assurance du pôle de compétitivité mondial Finance Innovation, Exton Consulting a été mandaté par le pôle de compétitivité pour mener une étude visant à évaluer l’attractivité de la France pour le développement du secteur FinTech.

Cette étude dresse un panorama complet de la FinTech française en mettant en exergue les vagues et dynamiques de créations, les différentes typologies de structures par taille (effectifs, revenus, niveau de rentabilité), le profil des dirigeants, le niveau d’internationalisation de ces start-ups… Elle vise également à mieux comprendre qui sont les acteurs qui composent et animent cet écosystème, et mesurer l’attractivité de la France pour le développement de la filière au travers de leviers clés : le contexte réglementaire et l’appétence marché des Français pour ces acteurs alternatifs ; les mécanismes de financement ; les programmes d’accélération ; les initiatives mises en place par les régulateurs et les pouvoirs publics afin de favoriser l’entreprenariat dans la finance, ainsi que le degré de collaboration avec les banquiers et assureurs historiques.

Parmi les tendances et chiffres-clés dévoilés lors de l’évènement FinTech Community le 27 juin, on retiendra :

L’écosystème FinTech s’est considérablement structuré et densifié ces dernières années :

• Sur les 6 derniers mois, près d’une dizaine de programmes d’accompagnement dédiés à la FinTech et l’InsurTech ont été lancés sur l’ensemble du territoire
• La dynamique entrepreneuriale est forte : 30% de ces start-ups ont été créées il y a moins de 2 ans.

La FinTech est également un secteur créateur d’emplois dans les TPE/PME, alors que l’industrie financière traditionnelle en perd :

• Elle attire la génération Y et des Millenials, qui constituent l’essentiel des 9.500 recrues
• Ces emplois directs bénéficient majoritairement au bassin parisien où sont situées près de 80% des FinTechs
• 2/3 des FinTechs ont également recours à des Freelancers, des emplois indirects non négligeables
• 53% sont encore de très petites structures de moins de 10 salariés et 86% de moins de 25 employés.

Les entrepreneurs FinTech, 40 ans en moyenne, sont des profils expérimentés qui ne sont pas là par hasard :

• 73% des fondateurs ont une longue expérience dans les services financiers
• 46% sont des « serials entrepreneurs »
• Ils entreprennent essentiellement pour « répondre à une vocation », « avoir un impact et moderniser la filière »
• Ce secteur peine encore à se féminiser : la filière n’embauche que 26% de femmes, et dans 9 cas sur 10, les fondateurs sont des hommes.

Malgré de belles croissances enregistrées par certaines étoiles montantes, ces structures sont encore fragiles :

• Plus de 50% peinent à atteindre les 300k€ de revenus
• 26% sont encore en stade d’amorçage et pré-commercialisation
• Moins de 20% déclarent être rentables, un peu plus pour celles opérant en B2B2C (le modèle B2 « particuliers » imposant des coûts d’acquisition clients trop élevés).

La France a cependant su faire émerger des FinTechs prometteuses, qui se démarquent déjà à l’international en enregistrant des fortes croissances et en étant parvenu à lever plusieurs dizaines de millions d’euros en 2017 :

• Les levées de fonds sont globalement de plus en plus conséquentes dénotant une volonté des FinTechs françaises de changer d’échelle et d’accélérer leur expansion internationale
• Le ticket médian se situe désormais à 2,25 millions d’euros en 2017 (+150% vs 2016, et multiplié par 4 en 3 ans)
• Ce montant reste encore faible par rapport à d’autres places FinTech (US, UK, Singapour) et insuffisant pour transformer ces FinTechs en licornes.

Enfin, les nombreuses initiatives d’open-innovation mises en place par les banquiers et assureurs traditionnels sont accueillies très positivement par ces jeunes pousses :

• 75% saluent cette volonté d’ouverture à leur encontre
• 67% ont noué au moins un partenariat avec un corporate du secteur (Proof of Concept ou contrat sur une plus longue durée), mais pas nécessairement en France
• Elles déplorent encore la lenteur, la complexité des interactions ainsi que les lourdeurs dans les processus de contractualisation.

« Les acteurs traditionnels ont désormais compris que ces FinTechs, grâce à leur capacité à rapidement délivrer des solutions innovantes et facilement intégrables au travers d’APIs, étaient des partenaires crédibles et nécessaires à la modernisation de la filière. Le train de l’open-innovation dans l’industrie financière est résolument mis en marche » se félicite Sophie ZELLMEYER, directrice innovation, au sein d’Exton Consulting.

« Cette collaboration est indispensable pour construire les modèles bancaires et assurantiels de demain » explique Jean-Louis DELPERIE, Associé chez Exton Consulting. « Mais on constate que ce mouvement est encore précaire. Tout l’enjeu est désormais de le pérenniser afin de ne pas laisser s’essouffler la dynamique et mettre en place de vrais partenariats industriels » ajoute Frédéric PERRIN, Associé chez Exton Consulting.

« Il faut passer du POC à l’industrialisation. En effet, de nombreux POC n’aboutissent pas pour des problèmes de vétusté des systèmes d’informations des grands groupes. Si les relations avec les FinTechs se sont améliorées c’est parce que des canaux dérogatoires aux achats ont été mis en place dans les grands groupes. Il faut pérenniser ses canaux, même quand la FinTech grossit » martèle Maximilien NAYARADOU, Directeur R&D de Finance Innovation.

« La France dispose de nombreux atouts afin de devenir un hub international de la FinTech : une forte culture de la finance, un capital risque désormais présent, une structure unique de dialogue et d’accompagnement pour les professionnels du secteur et des fortes compétences en matière de data science » constate Cyril ARMANGE, Directeur des partenariats et de la communication de Finance Innovation.
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le Lundi 2 Juillet 2018 à 19:03 | Lu 543 fois

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