Le pôle Nord : un coffre-fort numérique


On peut consulter aujourd’hui encore la plupart des documents imprimés depuis Gutenberg. A l’abri dans les bibliothèques, ils sont généralement en nombre suffisant pour que l’éventuelle disparition d’un exemplaire ne compromette pas leur pérennité. La conservation du savoir humain antérieur à l’ère numérique semble assurée.

Les logiciels informatiques se trouvent en revanche dans une situation plus précaire. Leurs supports habituels se dégradent avec le temps. A défaut d’une politique de sauvegarde appropriée, l’humanité risque de perdre la trace des programmes d’ordinateur quelques dizaines d’années après leur conception.

Pour éviter la disparition de ces témoins digitaux de l’aventure de la connaissance, plusieurs institutions réunies au sein du GitHub Archive Program – notamment les universités d’Oxford et de Stanford, l’Inria et Microsoft – ont décidé de stocker l’ensemble des programmes open source dans des conditions adaptées, c’est-à-dire à l’abri des risques naturels et sur des supports durables.

L’emplacement retenu est une mine désaffectée, située à 250 mètres sous terre dans l’archipel norvégien du Svalbard, à mi-chemin entre le cap Nord et le pôle Nord. C’est déjà là que se trouve la réserve mondiale de semences.

Le choix des supports est encore à un stade expérimental. La durée de vie des moyens de stockage électronique actuellement en usage peut être portée de quelques dizaines à une centaine d’années s’ils sont entretenus dans les conditions optimales d’humidité, température et stabilité que présente le Svalbard. Mais d’autres supports seront nécessaires pour atteindre une espérance de conservation de plusieurs milliers d’années. Des techniques d’archivage sur films de polyester ou plaques de quartz sont à l’étude.

Le 2 février 2020, le GitHub va effectuer un enregistrement de tous les logiciels open source disponibles en ligne dans le monde. Cet enregistrement sera par la suite régulièrement actualisé. Grâce à l’évolution attendue des technologies de conservation, la sauvegarde matérielle à long terme du patrimoine digital de l’humanité devrait être ainsi assurée. Restera la question de la pérennité du permafrost dans lequel se trouve la mine coffre-fort : résistera-t-il au réchauffement climatique ?

Source : KPMG France
Notez

le Lundi 13 Janvier 2020 à 09:23 | Lu 295 fois

Nouveau commentaire :